Cultiver son tabac

Faire pousser sont tabac

L’objectif de cet article est nullement de faire l’apologie du tabagisme. Nous allons simplement voir comment il est possible de faire pousser du tabac et aussi comment pouvoir le transformer pour l’utiliser. Pour ce faire, on va commencer par cette contribution qui explique les tenants et les aboutissants pour mieux passer à la pratique par la suite. Il est préférable de procéder ainsi car cela permet de chasser les malentendus dès le départ et de démarrer du bon pied. Ce sera l’occasion de découvrir que le tabac reste encore injustement méconnu en dehors de l’usage qui consiste à le fumer ou à le chiquer. Pour preuve, saviez-vous par exemple que c’est un solanacé de la même famille que les pommes de terre, les tomates, les aubergines… ? Saviez-vous encore que le tabac est comestible ?… Si la réponse est non vous avez déjà appris quelque chose.

Le tabac pousse en intérieur toute l’année et en extérieur de mars jusqu’à août. Mais on n’est pas à un ou deux mois près. La seule difficulté majeure pour le départ c’est que les graines sont minuscules. Il va donc falloir prendre de sérieuses précautions pour faire le semis. Au bout de deux mois environ, on pourra commencer à récolter des feuilles pour se fabriquer un bon insecticide bio en cas d’invasion massive dans le potager. Pour ce qui est de se confectionner son propre tabac à rouler ou à tuber, il faudra attendre environ 3 mois après la transplantation.

Avant d’aller plus loin, on va éteindre tout de suite les polémiques. Pour régler les problèmes il vaut mieux rester pragmatique. En tout cas, c’est ma façon de voir les choses. Il y a des fumeurs qui n’ont ni l’envie ou ni la force de décrocher. Alors tant qu’à faire, autant qu’ils profitent d’une plante qui aura poussé sans polluer la terre. Et tant qu’à faire aussi, autant qu’ils fument un produit sans additifs toxiques qui rendent le sevrage plus difficile. Et puis au bout du compte, il faut bien se dire qu’il vaut mieux être autonome avec sa tabagie plutôt que d’engraisser royalement les multinationales du tabac qui empoisonnent le monde sans scrupule depuis des dizaines d’années. Pour s’en convaincre, un petit coup d’oeil à la vidéo ci dessous servira de piqûre de rappel :

Ce n’est pas en infantilisant les fumeurs dans le but d’augmenter sans cesse leur rendement de pourvoyeur de taxes que ça va évoluer dans le bon sens. Il y a plus de chances d’obtenir de bons résultats en éradiquant le business qui est la principale cause du développement du tabagisme. Jusqu’à présent, toutes les formes de prohibition n’ont servi qu’à créer ou renforcer des mafias. A partir de là, une autre hypocrisie que je tiens vivement à dénoncer est celle qui consiste à empêcher de planter ce que l’on veut chez soi. Je ne peux m’empêcher de constater que l’on peut sans difficulté cultiver des plantes qui sont susceptibles de produire des poisons violents sans que cela dérange les autorités. En revanche, comme par hasard, dès que cela touche aux intérêts du sacro-saint business c’est forcément illégal ou bien à peine toléré. Du fait, on est sans cesse soumis à des diktats de plus en plus imbéciles qui sont soufflés à l’oreille des politiques par l’intermédiaire des lobbys financés par des industriels qui sont très loin d’être exempts de tout reproche. Alors est-ce que c’est légal de faire pousser du tabac ? Est-ce que c’est légal de réutiliser ses semences bio ? Est-ce que c’est légal d’utiliser du purin d’ortie ? Etc… Franchement, on s’en fout un peu. Pour ne pas dire complètement. Mais pour être plus précis concernant le sujet de cet article il est apparemment toléré de faire pousser quelques pieds de tabac chez soi. Et pour le sûr, il est bien évidemment interdit d’en faire le commerce, celui-ci étant réservé aux dealers vendeurs patentés.

Il y a aussi un autre aspect assez méconnu à propos du tabac. Il s’agit de ses vertus thérapeutiques. Les européens découvrirent le tabac par l’intermédiaire des « indigènes » qui s’en servaient comme plante médicinale et pour effectuer des rituels chamaniques. Par la suite, le célèbre docteur Jean Nicot de Villemain, qui donna son nom à la nicotine, mena toute une série d’expériences pour explorer le potentiel curatif avec un certain succès. De nos jours, il est utilisé en homéopathie et aussi en médecine non conventionnelle pour soigner les migraines, la tension et éliminer les poux. Tout ça pour dire qu’il ne faut pas être manichéen. Il n’y a pas d’un coté les plantes diaboliques et de l’autre les plantes sympathiques. Non, il y a juste des plantes et toutes ont leur utilité. Alors merci aux législateurs de tous poils de nous lâcher un peu les baskets. Qu’ils s’occupent plutôt de ceux qui détruisent la nature plutôt que d’essayer de criminaliser le monde végétal.

Un des aspects les plus méconnus du tabac est son utilisation en cuisine. Aucun risque avec la nicotine parce qu’elle n’est pas assimilée par le corps sous cette forme. De toute façon pas question de manger cette plante comme on le ferait avec les épinards. Les feuilles sont plutôt utilisées pour la pâtisserie et dans certains plats pour donner une petite touche de piquant et/ou d’amertume. Ce qui est le plus intéressant c’est que ça nous donne une épice en circuit court. Pour l’utilisation, je vous proposerai quelques bonnes recettes d’ici l’automne.

Et puisque je suis super sympa aujourd’hui je vais vous donner une autre utilisation. Vous pouvez utiliser une décoction à base de tabac pour désinfecter le bois et du même coup éliminer les insectes qui se planquent à l’intérieur avant de lui appliquer une couche de protection. Cela est au moins aussi efficace que les cochonneries produits chimiques que vous pouvez acheter à prix d’or dans le commerce. Ce traitement peut aussi être appliqué pour guérir des arbres de certaines maladies et de certains parasites.

Maintenant que le cadre est posé, nous allons pouvoir nous atteler à la phase pratique. Pour commencer, il vous faut des graines bio. Cela tombe bien vous pouvez en trouver dans la boutique des alternatives. On peut aussi vous en échanger contre un soutien au site dans notre cagnotte, c’est l’option que l’on préfère parce que cela nous permet de faire de meilleurs articles et de meilleures fiches techniques. Une fois que vous avez vos graines rendez vous sur la fiche technique que nous avons ouverte sur ce sujet et laissez vous guider. Ce sera une expérience à vivre comme un feuilleton. Dans la fiche technique nous aborderons aussi bien la culture en intérieur qu’en extérieur. Au mois de juin, nous vous apprendrons à fabriquer votre insecticide bio. Et pour finir, à la fin août nous vous expliquerons en détail comment vous confectionner un séchoir à action rapide et comment conserver votre tabac. La suite au prochaine épisode et en attendant Just do it !

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Si cette contribution vous a semblé utile et enrichissante ce serait vraiment très sympathique de m’offrir une petite tasse de café. Cela fera un bel encouragement pour poursuivre la diffusion d’informations techniques sur les alternatives. Merci de cliquer sur l’image ci-dessous pour voir comment faire, c’est vraiment tout simple 😉

tasse de café bien chaud

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Emmanuel Riolet

Technicien spécialisé dans les principales techniques d'autonomie écologique. Nombreuses années d'expérience autour du développement durable dans plusieurs pays. Auteur d'ouvrages techniques aux éditions Eyrolles. Auteur d'articles de presse sur les alternatives et conférencier. Sans oublier bien sûr le volet recherche et mise au point de solutions. Évidemment très concerné par tout ce qui touche au libre et à l'écologie.

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