Guide d’achat solaire

Conseil d'achat pour matériel solaire

Le solaire photovoltaïque représente une belle opportunité de devenir autonome en énergie ou bien de réaliser un très bon placement financier par le biais d’une réduction de tarif plus ou moins importante sur vos factures d’électricité. Mais attention ! S’il ne fait plus l’ombre d’un doute que cette technologie fonctionne à merveille, il faut tout de même veiller à ne pas acheter à l’aveuglette sous peine d’une grosse déconvenue.

Alors pour que tout se passe bien, je vous ai préparé un petit guide d’achat afin de déjouer les quelques pièges qui pourraient nuire à la bonne marche de votre projet. Je tiens à préciser au passage que nous sommes 100% indépendants de toute entité commerciale, donc je n’ai absolument aucun état d’âme s’il faut allumer un fabricant ou dénoncer de mauvaises pratiques.

Pour commencer, il faut déjà bien prendre en compte le fait que tous les équipements sont loin de se valoir en terme de qualité. Et au niveau du prix, on peut trouver des tarifs qui vont du simple au triple pour du matériel strictement identique. Ce qui change complétement la donne si vous désirez obtenir un retour sur investissement rapide. Et si vous avez choisi de devenir 100% autonome en électricité, la fiabilité de l’ensemble de votre installation est un critère de choix extrêmement important.

Maintenant que le cadre est posé, on va passer en revue tous les composants dont vous avez besoin pour trouver le meilleur rapport qualité-prix pour chaque famille de produit. Et s’il vous reste des interrogations suite aux informations qui vont suivre, n’hésitez pas à utiliser le forum dédié à l’énergie solaire.

Les panneaux solaires

Au niveau des panneaux classiques, c’est à dire à base de cellules en silicium monocristallines ou polycristallines, on peut dire que les processus de fabrication sont désormais plutôt bien maitrisés. Globalement, il n’y a pas de grosses différences de production électrique quel que soit le fabricant. En revanche, il faut faire attention à la qualité d’assemblage. Si un module est bien conçu, il peut durer facilement jusqu’à plus d’une trentaine d’années avec une perte de rendement mesurée de l’ordre de plus ou moins 10% sur 20 ans. Mais cette durée de vie se retrouvera très fortement impactée s’il y a des problèmes au niveau de la qualité des soudures ou de l’étanchéité. Le dernier point à prendre en compte est la qualité des matériaux, surtout en ce qui concerne le verre de protection. Dans l’idéal, il doit être anti-reflet au maximum et être le plus solide possible pour résister aux chocs éventuels.

Différentes technologies solaires

Je n’irai pas jusqu’à affirmer qu’il y a d’excellents panneaux solaires de fabrication chinoise. Mais il y a de la qualité correcte. Et à coté de ça, il y a du passable et du franchement médiocre. Pour faire la différence, il n’y a pas d’autres solutions que d’examiner en personne le niveau de finition. Ensuite, le problème qui se pose c’est qu’il n’est pas rare qu’il puisse y avoir tromperie sur la puissance réelle. Et sans un appareil très volumineux et très couteux que l’on appelle une flasheuse, pas moyen de savoir si les courbes de puissance sont fidèles à la réalité. Sans parler de la garantie qui est bidon dans la majorité des cas. Donc il vaut mieux éliminer cette option si vous n’êtes pas sûr de votre coup.

A coté de ça, les modules de fabrication européenne ne posent aucun souci. La qualité est très bonne et il n’y a pas vraiment de différence notable d’une marque à une autre. Dans ce cas, le critère de choix doit plutôt se porter sur le tarif le plus intéressant. A noter également que l’on trouve du très haut de gamme dans les marques américaines, mais le jeu n’en vaut pas vraiment la chandelle à cause du tarif très élevé. Le seul intérêt de ces modules c’est qu’ils ont un rendement surfacique meilleur que les autres, ce qui permet de loger plus de puissance au mètre carré. C’est donc une solution qui est plutôt à réserver pour les espaces très réduits. Ce qui est très rarement le cas.

On trouve fréquemment sur le marché des panneaux à fond noir (black Tedlar). Du fait, leur surface est entièrement noire. Cette aberration technique a été créée pour des raisons 100% architecturales. Par exemple pour que les modules soient beaucoup moins visibles sur un toit en ardoise. Le problème c’est que le fond noir génère plus de chaleur au niveau des cellules, ce qui provoque une baisse de rendement en été. Ce n’est donc carrément pas une bonne idée, à moins que cela vous soit imposé par les règles d’urbanisme locale qui ne s’encombrent pas toujours avec la logique.

ATTENTION : Dans leur brochure, certains fabricants mettent en avant le rendement cellule qui est forcément supérieur au rendement du panneau. Soyez vigilant sur ce point, il faut se préoccuper uniquement du rendement global du module.

Pour ce qui est des panneaux à couche mince, il n’y a pas vraiment à se soucier de la qualité de fabrication étant donné qu’ils sont tous produits de la même façon avec des processus automatisés. Donc il reste juste à choisir le meilleur tarif et aussi à tenir le rendement en compte. Il peut aller de 8% à 16% actuellement. Ce qui joue une fois de plus sur la puissance installable au mètre carré.

Les régulateurs

Le marché des régulateurs est envahi par des offres chinoises de très mauvaise qualité. Et encore, je suis gentil… Il m’est arrivé plusieurs fois de tester des régulateurs annoncés comme étant MPPT alors qu’il s’agissait en réalité de vulgaires PWM. Ce qui change complètement la donne. Et pour ne rien arranger, la conception tient plus du mauvais bricolage qu’autre chose, avec une garantie pratiquement inexistante. Les composants sont minables, les soudures laissent à désirer, le capot de protection est juste une plaisanterie… Bref, il faut fuir ce genre d’offre parce qu’au final c’est comme jeter votre argent par les fenêtres.

La question ne se pose plus de savoir s’il faut choisir un régulateur MPPT ou PWM. Le choix se porte naturellement sur du MPPT.
N’oubliez surtout pas que le rôle principal d’un régulateur est de protéger et de gérer la partie batterie. C’est pourquoi il est plus qu’important de choisir la meilleure qualité possible. Un mauvais régulateur réduira très fortement la longévité de vos batteries. Si vous utilisez une batterie lithium, vérifiez bien que votre régulateur est compatible avec cette technologie.

Pour éviter ce type de problème, il faut prendre de la marque européenne telle que Steca ou autre. En règle générale, si vous achetez dans une boutique française spécialisée dans le solaire, les vendeurs sont de bon conseil pour vous aider à choisir du matériel de qualité. Mais faites bien attention ! Acheter de la qualité c’est une évidence. Mais il se trouve que certains en profitent pour vous faire payer le nom de leur marque en supplément. Ce qui n’apporte rien de plus en dehors de vous faire pigeonner. Pour ne pas les citer, il y a la marque Victron qui est spécialiste de ce genre de blague. Comme tous les autres acteurs du secteur, ils font fabriquer leurs régulateurs et leurs onduleurs en Chine. Et par rapport aux autres fabricants de bon matériel leurs offres sont similaires. Par contre le prix de vente peut aller jusqu’au double du prix moyen constaté. Personnellement, je boycotte cette marque depuis de nombreuses années à cause de sa politique tarifaire injustifiée. Après, chacun voit midi à sa porte. Mais il me semble préférable de choisir un bon rapport qualité-prix.

Un régulateur solaire

Les onduleurs

Avec les onduleurs on est exactement dans la même configuration que pour les régulateurs. Beaucoup de pouet-pouet chinois sur le marché. Regardez l’image ci-dessous, c’est typiquement le genre de matériel qu’il ne faut pas acheter.

Un onduleur solaire

C’est de la mauvaise qualité, c’est très bruyant et la garantie est pratiquement inexistante. Cela m’est déjà arrivé de me dépanner avec ce type d’onduleur en Afrique parce que je n’avais pas autre chose sous la main. A chaque fois je les ai acheté par deux pour être sûr d’en avoir un qui fonctionne lorsque l’autre partait en réparation. Cela pouvait aller dans la mesure où l’on peut faire réparer ce genre de gadget pour presque rien. Mais en Europe la donne n’est pas du tout la même. Quand ça lâche, le prix de la réparation est bien souvent supérieure au prix de l’onduleur.

Pour vous donner un ordre d’idée, un bon onduleur qui est installé de façon à lui assurer une bonne ventilation durera au moins une dizaine d’année. Tandis que le pouet-pouet chinois il a bien du mal à dépasser les deux ans d’utilisation. Donc si vous faites bien vos comptes, vous n’avez aucun intérêt à investir dans du matériel qui n’est pas fiable.

Maintenant, pour éviter les problèmes il vaut mieux opter pour un onduleur hybride quand on cherche à être autonome en électricité. De cette façon, avec le même appareil vous avez le régulateur MPPT et l’onduleur. Et en bonus, vous pouvez ajouter une autre source que le solaire. Quant aux installations en économie d’énergie il vaut mieux privilégier les micro-onduleurs. Une unité pour deux modules c’est très bien.

Les batteries

En attendant que des batteries plus écologiques, avec une meilleure capacité et un meilleur tarif n’arrivent sur le marché, il faut faire avec les moyens du bord. Pour les espaces réduits tels que les camping-cars ou les tiny-houses, le choix se porte naturellement vers les batteries au lithium. Pour les maisons, le meilleur rapport qualité-prix actuel serait plutôt à l’avantage de la technologie AGM. Mais il y a aussi de belles affaires du coté du lithium. Dans tous les cas, il est préférable de choisir une marque qui est gage de qualité et d’un bon niveau de garantie. Ce qui exclut une fois de plus les produits chinois. Il ne vous reste plus qu’à dénicher la bonne affaire en prenant ces critères en compte.

Batterie solaire lithium

Les structures de pose

Acheter une structure de pose ? Non merci ! S’il y a un produit avec lequel les vendeurs de matériel solaire se font des marges astronomiques, c’est bien celui-ci. Pour prendre un exemple, pour poser 4 panneaux en toiture le kit comprend deux rails en aluminium avec quelques parecloses, de simples crochets d’attache et une poignée de vis et de boulons. Le tout est vendu 250 euros en moyenne. Là où le bât blesse c’est quand on s’intéresse au coût de revient. Je vous laisse le soin de vous pencher sur le sujet. Vous verrez que le résultat est édifiant ! Pas besoin d’insister plus longtemps, fabriquez vous-même vos supports et vous réaliserez une belle économie. Il n’y a rien de compliqué. Au pire, pour les installations en toiture, achetez uniquement les crochets de fixation. Et pour les supports au sol ou en toiture terrasse, c’est un jeu d’enfant de les fabriquer en métal ou en bois.

Panneaux solaires en surimposition toiture

Quid de l’intégration en toiture ? Ce mode d’installation est juste une hérésie technique complète qui a été pondue par des politiciens psychopathes. Grace à cette mesure débile qui a été obligatoire seulement en France durant 3 ou 4 ans, nous avons eu le grand bonheur d’être la risée du monde durant cette période. Pour être au maximum de leur efficacité, les panneaux solaires doivent absolument être ventilés par le dessous. Autrement dit, toutes les installations qui ont été effectuées en intégration toiture souffrent d’une perte importante de rendement et d’une dégradation des performances plus importante dans le temps à cause de la chaleur non évacuée. Il vaut donc mieux oublier cette mauvaise plaisanterie et installer vos modules dans les règles de l’art.

Acheter d’occasion

Sur des sites de petites annonces on peut régulièrement trouver des offres pour du matériel solaire d’occasion. Cela peut s’avérer intéressant à la seule condition que le prix soit au ras des pâquerettes. Dans le cas contraire, le risque est trop élevé. Vous avez donc toutes les chances de rencontrer de sérieux problèmes de fiabilité. En tout cas, c’est une solution qu’il est difficile de recommander.

En conclusion

Pour être sûr et certain de réaliser un bon investissement avec votre installation solaire, choisissez en priorité des marques européennes. A partir de là, vous pouvez partir à la chasse aux promotions. Tant que votre matériel est conçu pour être durable et qu’il présente un bon niveau de garantie, vous ne risquez pas grand chose. Il reste tout de même à préciser que la garantie légale est de deux ans. Mais il n’est pas rare que certains fabricants promettent des 10, 15 ou 20 ans de garantie. Ce qui est bien évidemment une farce. Ce n’est donc pas vraiment un critère de choix. Si vous avez des doutes avant d’acheter tel ou tel matériel solaire, n’hésitez pas à laisser un message dans le forum dédié au solaire, on se fera un plaisir de vous aider à vous faire un avis.
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