Faire pousser son tabac

Dans cette fiche nous allons voir comment faire pousser du tabac aussi bien dehors qu’en intérieur. Nous verrons aussi comment le transformer pour différents usages. Cette fiche technique n’est en aucune façon un encouragement au tabagisme. Notre point vue sur la question a été développé dans un article. Il est donc inutile de revenir sur le sujet afin de se consacrer pleinement à la pratique. Cette fiche sera réactualisée régulièrement de façon à intégrer un maximum de retours d’expérience.

Pour commencer il va nous falloir des graines bio que vous pourrez trouver facilement sur internet. Nous allons utiliser un tabac blond de virginie ainsi qu’un tabac brun faiblement dosé en nicotine qui sera complémentaire suivant les usages.

Au menu : Nous allons commencer par faire le semis. Après il y aura une première transplantation en pot qui sera suivi d’une transplantation définitive. Ensuite nous détaillerons différentes utilisations : Fabrication d’insecticide bio, fabrication d’un produit pour protéger le bois, utilisation en cuisine. Et bien sûr tabac à rouler et cigare bio avec une section très détaillée sur la fabrication d’un séchoir très performant.

Avant de commencer

Le tabac est originaire d’Amérique. Ce sont les premiers colons qui l’ont importé en Europe. Il existe une soixantaine de variétés dont la teneur en nicotine peut varier de 1% à 10%. Il est très important de noter au passage que la nicotine est un alcaloïde très toxique qui est un poison mortel avec une dose de seulement 30 ou 60 mg. C’est pour cette raison qu’elle agit aussi comme un insecticide très puissant, environ 50 fois plus redoutable que le tristement célèbre DDT. Il faut donc se montrer extrêmement vigilant lorsque l’on se lance dans la culture de cette plante. La nicotine pouvant facilement se diffuser à travers la peau, il est plus que recommandé d’utiliser des gants. Et il faut aussi absolument tenir les plants à l’abri des jeunes enfants et des animaux pour prévenir tout risque d’ingestion qui pourrait provoquer une intoxication sévère. Merci de bien prendre en considération ces mises en garde, ce serait vraiment dommage qu’il arrive un problème à cause d’une négligence.

Maintenant que le cadre sécuritaire est posé, on va s’intéresser à la plante par elle-même. Le tabac n’aime pas du tout le froid. En dessous de 19 degrés, ce n’est même pas la peine de s’attendre à un quelconque résultat. En Europe il faut donc démarrer la germination et la première étape de la croissance dans un espace chauffé. A noter également que cette plante est très sensible au vent tant qu’elle n’est pas suffisamment développée. Les deux premiers mois, il faudra donc la faire pousser à l’abri du vent. Au niveau de la qualité de la terre, il n’y a pas vraiment de contre-indication. Il faut juste prendre en compte le fait que le tabac aura un goût légèrement différent en fonction de la nature du sol dans lequel il est planté.

Retour d’expérience

Pour commencer, on ne va pas se mentir. Au démarrage la culture du tabac est vraiment très compliquée. Et le risque d’échec est très élevé si on n’utilise pas la bonne technique. Au fil du temps, j’ai réussi à trouver pas mal d’astuces jusqu’à aboutir sur une méthode que j’irai jusqu’à qualifier d’infaillible. Cela demande un léger investissement au niveau du matériel et de l’attention, mais si vous êtes fumeur le jeu en vaut largement la chandelle. Il faut compter une trentaine d’euros pour devenir autonome au niveau de sa consommation personnelle. Maintenant il est clair que cette méthode peut encore être perfectionnée, c’est pourquoi cette fiche sera régulièrement mise à jour au fur et à mesure des nouvelles trouvailles. Au final, tout ce que je peux en dire c’est que j’ai débuté avec des informations glanées ici et là sur internet et que c’est plutôt l’expérience personnelle qui s’est avérée payante.

Semer ses graines de tabac

Première difficulté, les graines de tabac ne sont pas plus grosses qu’une tête d’épingle. Du coup, ce n’est vraiment pas évident d’arriver à les espacer. Il faut donc se montrer patient et très méticuleux au moment de les disposer sur la terre. A savoir également que le taux de germination est excellent. Dans de bonnes conditions, au moins 70% des graines vont germer. D’où l’importance d’essayer de les espacer au maximum.

Information : Si vous souhaitez cultiver en extérieur, la bonne période pour semer les graines c’est de mi-mars à début avril. Pour une culture en intérieur c’est quand vous voulez.

Pour pouvoir germer, les graines ont besoin de lumière. Donc il ne faut surtout pas les recouvrir avec de la terre. Notez bien ce conseil, c’est super important. La température idéale pour la germination est de 25 degrés. Avec la température ambiante de votre habitation, cela fonctionne aussi. Mais ce n’est pas optimal. L’idéal c’est d’utiliser une feuille chauffante et une mini serre pour maintenir la température à 25 degrés. Ensuite, il faut surveiller que la terre soit toujours fortement humide. Et pas question d’arroser par le dessus sous peine de mettre à nue les minuscules racines qui vont se former. Le mieux est donc d’arroser par le bas. Pour ce faire, il faut percer un pot au niveau de sa base et recouvrir l’intérieur avec un bout de tissu en coton. Par exemple un morceau de vieux tee-shirt. De cette façon, en plaçant le pot sur un récipient que l’on peut alimenter en eau, les plants seront toujours irrigués abondement au départ. Et par la suite on pourra très facilement ajuster le niveau d’humidité.

Maintenant, c’est le moment de la grosse astuce qui va tout changer 🙂 Comme je l’ai déjà mentionné, au départ le tabac est très fragile. Il a besoin de beaucoup de lumière, mais si on le met trop au contact du soleil il meure à vitesse grand V. Alors que faire pour assurer une luminosité optimale ? La réponse est toute simple, on utilise une lampe LED spéciale croissance pour les plantes et on la règle sur 12 heures de lumière par jour. De cette façon, plus de problème ! C’est juste à ce niveau que vous aurez un investissement à faire. Surtout, prenez de la qualité. J’ai fait des essais avec une lampe chinoise bas de gamme, ce n’était pas une bonne idée. Mieux vaut ajouter quelques euros de plus pour être tranquille. L’idéal c’est de choisir une ou plusieurs bonnes ampoules et d’acheter un minuteur à part.

Après cette information très importante, on récapitule : On a un pot dont l’intérieur est recouvert d’un morceau de tee-shirt pour maintenir en permanence un bon niveau d’humidité. On remplit le pot avec de la terre pour semis. On mouille bien la terre. On place le pot sur un récipient que l’on remplit d’eau. On pose les graines sur la terre sans les recouvrir. Et pour finir, on place tout ça sous lampe de croissance. Si vous avez bien respecté toutes ces étapes, au bout de 4 à 5 jours, vos graines vont commencer à germer. Mais ce n’est qu’une première étape, on n’a pas encore dépassé la phase délicate.

Dès que les feuilles sont bien formées, comme sur la photo ci-dessus, on enlève les petits plants à l’aide d’un ustensile de précision pour en placer un seul par petit pot.

Pour les plants en petit pot, on garde la même technique que pour le départ. Irrigation par le bas et 12 heures de lumière par jour avec une lampe de croissance. Si vous avez bien respecté la procédure, au bout d’une quinzaine de jour vous obtiendrez un résultat sensiblement identique à celui sur la photo ci-dessous :

A ce niveau de la croissance, cela va être le moment de rempoter dans un pot plus grand. Toujours le même principe, arrosage par le bas et 12 heures de lumière. A la différence près que l’on va commencer à réduire l’apport en eau. Pas trop d’indications à vous donner sinon que la terre doit rester humide, mais pas mouillée comme au départ. L’ajustement de l’arrosage se fait donc au feeling. Il suffit de bien observer l’aspect des plants pour voir si tout se passe bien. Pour une première fois, je vous conseille de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier. Essayez plusieurs configurations jusqu’à bien trouver vos marques. Vous aurez sans doute un peu de perte, mais ce sera forcément le succès sur toute la ligne le coup suivant. Pour ne pas s’embêter pour le prochain rempotage, ou bien pour la mise en terre, le plus simple est d’utiliser un pot biodégradable.

Dès que vos plants auront développé de belles feuilles et des racines bien fortes, ce sera le moment de la transplantation finale. La photo du dessus vous donne une bonne indication concernant le niveau de développement qu’il faut atteindre. Si vous en êtes arrivé à ce stade, félicitations ! Le reste de la croissance va normalement se passer sans encombre majeur. Sur l’exemple ci-dessus on est sur un objectif de culture en pot pour l’intérieur. Dans ce cas plus besoin de lumière artificielle, une bonne exposition au soleil est parfaite. Si vous souhaitez cultiver en extérieur, que ce soit en pot ou en pleine terre. Il faudra laisser passer les saints de glace pour sortir les plants.

Durant la croissance

Une fois que vous avez passé avec succès le stade de la croissance, la culture du tabac ne pose plus vraiment de problème. Comme pour toutes les autres plantes, il faut vérifier qu’il n’y a pas de manque d’eau. Et si vous avez bien préparé votre sol dans les règles de la permaculture, il n’y a pas besoin d’apporter de l’engrais.

Au bout d’un moment, les plants vont commencer à produire des sortes de bourgeons qui donneront plus tard naissance à des fleurs. Pour obtenir de belles feuilles il faut les retirer au fur et à mesure. Sinon, la plante va plutôt développer sa tige. En revanche, il est très judicieux de laisser un ou deux plants fleurir de façon à pouvoir récupérer des graines. Regardez bien la photo ci-dessous. Vous pouvez voir que le plant du milieu a été laissé en floraison. Du coup, contrairement aux deux autres, ses feuilles ne sont pas très développées.

Pour une culture en intérieur, tout devrait se dérouler sans souci particulier. Pour une culture en extérieur, il faudra faire attention aux limaces qui sont assez friandes des feuilles de tabac. Pour régler ce problème, vous pouvez utiliser de la cendre de bois. Il faudra aussi faire attention aux champignons qui sont susceptibles de se développer sur la plante. Pour éviter ce problème, ne plantez surtout pas au même endroit d’une année sur l’autre. En dehors de ça, rien de spécial à signaler. A part bien sûr que le moment tant attendu de la récolte sera dès que les feuilles commenceront à jaunir un peu.

Insecticide à base de tabac

A vrai dire je suis très loin d’être un grand fan de ce genre de technique. En permaculture, on doit travailler avec la nature et non contre elle. D’autant plus que le nombre d’insectes chute de façon carrément dramatique. Mais exceptionnellement, si vous avez un gros souci avec les pucerons, faites macérer l’équivalent de deux cigarettes dans 1,5 litre d’eau durant 48 heures. Filtrez ensuite le mélange et placez le dans un petit pulvérisateur. Le liquide ainsi obtenu viendra immédiatement à bout de l’invasion dès qu’il entrera en contact avec vos hôtes indésirables. Si jamais vous devez employer ce procédé, pour l’année suivante, choisissez plutôt une technique qui permet de faire diversion.

Traitement du bois

Avant d’utiliser du bois pour une raison ou pour une autre, il peut s’avérer nécessaire de tuer les insectes qui logent potentiellement à l’intérieur. Pour ce faire, on va employer une formule très concentrée. L’équivalent d’un paquet de tabac de 30 grammes pour 1,5 litre d’eau. Attention, c’est un poison violent ! Mais à la limite, pas plus que les saletés chimiques qui sont vendues à prix d’or dans le commerce. Au bout de 48 heures, il y a juste à filtrer le mélange et à l’appliquer au pinceau sur la surface à traiter en veillant bien à ce que l’insecticide pénètre bien dans le bois. Dès que c’est bien sec, l’opération est terminée. Surtout, n’oubliez pas d’utiliser des gants et des lunettes de protection.

En conclusion

Dans tous les cas, la culture du tabac est très difficile au départ. Mais ne vous découragez surtout pas. Il faut souvent faire quelques essais avant de bien trouver ses marques. Pour débuter, je vous conseille de partir sur une culture en intérieur afin de limiter la difficulté. Et si vous avez besoin de conseils, ou si vous avez un retour d’expérience à partager, n’hésitez pas à utiliser le forum dédié. De mon coté, je vais continuer à perfectionner cette technique. Et dès qu’il y aura des avancées significatives, la fiche sera mise à jour. D’ici quelques mois, au moment de la récolte, nous verrons comment nous fabriquer un séchoir qui permettra d’obtenir du très bon tabac à fumer. Dès que ce sera prêt, vous pourrez trouver la fiche technique dans la rubrique Transformation produit. Parce que pour finir, il faut bien se dire une chose, il existe certes du tabac sans additifs. Mais à coté de ça, ce faux produit naturel est truffé de pesticides et d’engrais chimiques. Étant donné que ce n’est pas pour un usage alimentaire, les cultivateurs n’hésitent pas à forcer la dose sur ces poisons. C’est pourquoi il est plus qu’important de passer par une alternative.

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