Framatube, l’alternative à Youtube

Si tu ne vois pas l’intérêt d’utiliser une solution libre pour lire et diffuser des vidéos en ligne, il me semble plus qu’utile et urgent de revenir sur le contexte actuel en faisant un point détaillé sur ton expérience utilisateur. Remarque au passage que je fais de gros progrès en utilisant le langage vide de sens des requins de l’économie numérique. Encore un petit effort et je vais réussir à parler le startup-nation couramment. A moins que mon naturel ne revienne au galop. On verra bien…

Youtube c’est gratuit, youpi !

Il faut vraiment être très naïf pour penser que les géants de l’internet fournissent des services gratuitement sans aucune contrepartie. Malheureusement, dans ce monde tout à un prix. Et il en va de même avec les alternatives qu’offre l’internet libre. La majorité d’entre elles ne pourraient pas fonctionner sans la générosité de leurs utilisateurs, ou par le biais du mécénat, ou encore avec des subventions. Alors ne rêve pas ! Dans tous les cas, il y a un prix à payer sous une forme ou sous une autre. Partant de cette logique, c’est à chacune et chacun de choisir en âme et conscience le modèle qu’il souhaite soutenir. En l’occurrence, il s’agit de savoir si l’on veut continuer à engraisser continuellement de jeunes milliardaires arrogants qui ne sont même pas foutus de participer à l’amélioration de la société en payant correctement leurs impôts, ou bien soutenir des initiatives technologiques dont la philosophie repose sur l’humanisme. A titre personnel, mon choix est vite fait. Je préfère de loin contribuer à développer de beaux projets avec mes modestes moyens que d’être le dindon de la farce d’un système qui nous tire toujours plus vers le bas.

La minute de l’économie

Dernier chiffre d’affaire connu : Youtube a généré 4 milliards de chiffre d’affaire en 2016. Pour une entreprise soi-disant bienfaitrice de l’humanité qui offre gracieusement son accès, c’est plutôt pas mal. Mais à propos, d’où provient ce gros pactole si le service est gratuit ? Attention, roulement de tambour… Des utilisateurs de la plateforme. C’est-à-dire toi, plus tous les autres insouciants qui acceptent d’être traités comme des marchandises dont il faut tirer un maximum de profit.

Comment ça marche ?

Le principe est très simple à comprendre. Tu n’es effectivement pas un client puisque tu ne payes pas. En revanche, tu es considéré comme un vulgaire produit dont on commercialise à la fois le temps de cerveau disponible et le profil consommateur. Ce qui représente le fantasme absolu de tout publicitaire qui se respecte. Sans parler des agences de renseignement qui sont assez friandes de données personnelles. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, c’est plus acceptable. Sans parler non plus de la manipulation de l’opinion publique par le truchement savamment orchestré de la classification des contenus, à l’image de la bienpensance mièvre et hypocrite qui règne à la Silicone Valley.

Jusque là, tu t’en fous encore. Tu te dis que tu n’as rien à cacher et que c’est vraiment trop bon de visionner des vidéos de chats qui font un numéro de claquettes sur une « musique » de Beyoncé sans dépenser le moindre centime. Et dans un sens, il vaut mieux que ce soit comme ça, parce que si tu devais dépenser de l’argent pour financer une telle perte de temps, cela ne ferait que démultiplier l’aspect pathétique de ce curieux loisir.

A partir de là, loin de moi l’idée de juger qui que ce soit. Il m’est arrivé quelques fois de regarder des vidéos de pingouins qui font du vélo sur une mélodie endiablée, le tout rehaussée par une magistrale interprétation lyrique de l’inénarrable Patrick Sébastien. Si ma mémoire est bonne, ça parlait de sardines coincées dans une boite. C’était tellement grandiose que j’ai décidé de partager ces œuvres avec de très bons amis Facebook, que je serais bien incapable de reconnaitre dans la rue si jamais j’en croisais un par hasard.

Je ne sais pas si c’est utile à ma démonstration, mais toujours est-il que quelques-unes de mes amitiés virtuelles se sont définitivement brisées suite à cet élan de générosité culturelle. Comme quoi, tout le monde ne peut pas être mélomane… Ceci dit, revenons à nos moutons. Suite à ce moment d’égarement, j’ai commencé à recevoir des publicités pour m’inciter à acheter des documentaires sur les pingouins en VOD, ainsi que des promotions pour des excursions au pôle sud. Sans oublier les propositions commerciales graveleuses qui ont envahi ma boite de réception consécutivement à plusieurs visionnages du tube international Tirelipimpon brillamment interprété par Carlos. Sur ce coup là, j’avoue avoir un peu honte. Alors je plaide l’erreur de manipulation.

Jusque là, pas de quoi fouetter un chat sur le générique de 50 nuances de gris. Mais accroche-toi bien car l’histoire ne s’arrête pas là. Il n’y a pas longtemps, un soir, je recherchais sur Youtube des documentaires sur les cadres moyens qui sont dans la dèche. Le lendemain matin suivant, à 6h tapantes, le GiGN défonçait ma porte sur un malentendu. D’après ce qu’ils m’ont expliqué, un algorithme ce serait radicalisé en confondant « dèche » avec l’acronyme qui désigne des barbus patibulaires qui n’ont pas la lumière à tous les étages.

Toujours pas de quoi s’inquiéter. L’assurance a remboursé ma porte, ainsi que les frais d’hospitalisation pour mon poignet cassé lors de l’intervention. Tout le monde peut se tromper, je ne suis pas rancunier. Sauf que quelques semaines plus tard, je fus convoqué par le DRH d’une grosse société concernant une offre d’emploi. Nous étions cinq en compétition et j’avais toutes les qualifications requises pour remporter la mise. Mais malheureusement, je me suis fais plomber par mon profil numérique.

Je me rappellerai toujours du regard sournois et moqueur de ce maudit recruteur lorsqu’il m’a dit :

— Monsieur, mettez-vous à ma place. Pensez-vous vraiment que je puisse confier de grandes responsabilités à quelqu’un qui a écouté 150 fois le titre « Antisocial » ?

Ce n’était pas vraiment pas la peine que je me fatigue à me défendre, parce que si ce sale type avait eu accès à cette information cela voulait dire qu’il en avait aussi des bien pires dans sa besace 2.0 et qu’il préférait sans doute ne pas en parler afin de conserver un semblant de décence. Comment avait-il obtenu ces données ? Je suis bien trop fier pour avouer que c’est moi le fautif. Alors on va dire que c’est de la faute à pas de chance. De toute façon, tant que Youtube reste gratuit, qu’est-ce que ça peut bien faire que ma vie privée fasse l’objet d’un commerce ? C’est du gagnant-gagnant comme on dit à StartupLand.

Des exemples comme celui-ci, je peux en développer plein d’autres. Du genre Youtube qui récolte des données sur les enfants, du genre la censure selon des critères qui sont très discutables, du genre la mise en avant des contenus selon des procédés qui tiennent plus de la propagande que de la neutralité que l’on est en droit d’attendre… Mais on en a déjà parlé, alors je suppose que tu as compris.

A partir de ces éléments, en mettant de coté le fait que Youtube cherche en permanence à t’influencer à l’insu de ton plein gré, si tu es un minimum attaché au respect de ta vie privée, tu pourrais faire au moins un petit effort pour préserver tes jardins secrets. C’est d’autant plus facile qu’il existe désormais une saine alternative libre que nous devons à l’association Framasoft. Cette nouvelle plateforme se nomme Framatube. En résumé, c’est un Youtube sans le coté obscur dont l’utilisation est gratuite. Ce qui ne signifie pas que ça ne coute rien, tout comme Solutions Alternatives, Framasoft a besoin de votre soutien pour se développer. Mais ne rêvons pas. Dès qu’il s’agit de participer un tant soit peu, ou de sortir quelques misérables euros pour soutenir des opérations intelligentes, il n’y a pas grand monde pour se bousculer au portillon. Voilà qui est dit, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Il y a un choix à faire qui a une influence indéniable sur notre modèle social. A savoir favoriser le monde marchand et sa cohorte d’injustices, ou bien favoriser les alternatives et le partage équitable. Pour l’instant, du coté du libre on en est réduit à avancer en permanence avec le pied sur la pédale de frein tout en jonglant avec des bouts de chandelles.

A ton avis, qui en serait le premier bénéficiaire si on était en mesure de monter en puissance ? Maintenant que tu as choisi la pilule bleue, nous t’invitons cordialement à parcourir cette page qui explique très bien le fonctionnement technique de Framatube. Et pour continuer à regarder des vidéos de chats qui dansent avec des claquettes sans rien sacrifier à ta vie privée, nous t’encourageons à utiliser dès maintenant cette alternative en cliquant sur ce lien.

Sur ces dernières informations, bon visionnage de vidéos dans le respect de ta vie privée et à très bientôt pour de nouvelles contributions sur les solutions alternatives. En attendant, merci d’avance de partager cet article 🙂

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