La pollution des plaquettes de frein

Pollution des plaquettes de frein

On parle beaucoup des particules fines qui sont rejetées dans l’atmosphère par les moteurs à explosion. Mais la plupart du temps, on oublie de s’intéresser aux plaquettes de frein. Et pourtant, elles sont à l’origine d’environ 20% des particules fines qui nous arrivent au plus profond des bronches. Il est utile de préciser au passage que les voitures électriques ne régleront pas ce problème étant donné qu’elles utilisent aussi des plaquettes de frein.

Composition d’une plaquette de frein

Avant d’aller plus loin, on va commencer par s’intéresser à la nature de ces fameuses particules. Tout simplement parce qu’elles vont rester longtemps dans notre organisme. Cela est dû au fait qu’elles s’enfoncent tellement profondément dans le système respiratoire que les poumons ne peuvent pas les évacuer en sécrétant du mucus. Du coup, elles sont bloquées et elles ont tout le loisir de diffuser leur poison dans notre corps tout au long de leur très lente érosion.

Heureusement, depuis 1997 l’amiante est interdite dans la composition des garnitures de frein. A la place, on peut trouver de la fibre de verre, du kevlar, de la céramique et des métaux. Au niveau de la fibre de verre, il est déjà admis scientifiquement que son effet néfaste sur la santé est très proche de celui de l’amiante. Quant aux autres composants, ils ne sont guère mieux. Au bout d’un taux d’exposition qui diffère selon les personnes, c’est le cancer assuré !

Au niveau mondial, 7 millions de morts par an à cause des particules fines.

Un vrai scandale sanitaire et écologique

Le plus scandaleux dans cette histoire c’est qu’il n’y a aucune institution française ou européenne pour taper du poing sur la table. A coté de ça, dans l’industrie automobile traditionnelle on a affaire à des grosses feignasses pour tout ce qui touche aux progrès écologiques. Ces entreprises préfèrent largement utiliser le lobbying pour continuer à vivre de leurs rentes technologiques plutôt que de chercher à régler les nuisances sanitaires et environnementales que génèrent les produits qu’elles vendent à très grande échelle.

Poussette avec enfant dans la pollution des voitures

Alors certes, comme d’habitude, dès que l’opinion publique rentre dans la partie les industriels arrivent avec une solution miracle qui consiste à mettre un pansement sur une jambe de bois. La dernière en date consiste à installer des aspirateurs à particules au niveau des freins. Bien ! Mais pour commencer ils n’en aspirent qu’une partie. Et ensuite, que deviennent les particules qui ont été aspirées ? On ne sait pas grand chose sur ce sujet, sinon que les mécaniciens chargés de la maintenance vont en récolter une partie dans leurs bronches. Bref, encore de l’enfumage. Et pendant ce temps, la population continue d’être intoxiquée à l’insu de son plein gré. Et pendant ce temps, des tonnes de particules sont répandues dans la nature. Ce qui a pour effet de polluer l’eau ainsi qu’une partie des végétaux qui servent pour notre alimentation, ainsi que pour celle des animaux. Si vous ne comprenez pas trop ce point, je vous invite cordialement à visionner le clip sur la chaine alimentaire qui est à la fin de cette contribution.

Particules plaquettes de frein

Alternative aux plaquettes de frein

Si vous ne l’avez pas encore fait, il est grand temps de faire le deuil des moteurs thermiques. Tout simplement parce qu’il s’agit d’une technologie dépassée qui possède un très mauvais rendement. De plus, inutile d’espérer des améliorations, on n’ira pas plus loin dans son optimisation. Il vaut mieux se focaliser sur l’électrique qui présente une marge d’évolution positive très impressionnante.

Pollution voiture

Les véhicules électriques bien conçus sont équipés d’un système de récupération d’énergie au freinage. Autrement dit, le moteur se transforme en générateur lorsqu’il n’est plus sollicité électriquement. Ce qui a pour effet de fortement freiner le véhicule et d’économiser grandement sur les plaquettes de frein. Il y a donc une bonne piste pour mettre au point un système de freinage électromagnétique qui se suffirait à lui-même. Sauf que bien évidemment, tous les équipementiers qui fabriquent des plaquettes ne seront forcément pas d’accord avec moi. Pour eux, la meilleure solution c’est de vendre des plaquettes le plus régulièrement possible et tant pis pour les conséquences.

Je ne sais pas si vous imaginez l’étendu des dégâts, mais toujours est-il que l’air du métro parisien est complétement pollué aux particules fines qui émanent des plaquettes de frein qui sont installées sur les rames. Ces dernières sont pourtant propulsées à l’électricité. Et une fois de plus, si l’on est capable de produire une puissance d’entrainement à l’aide d’un moteur électrique, on est aussi capable de faire exactement l’inverse. Et si dans un premier temps cela suppose une légère perte de vitesse de pointe pour les véhicules, à titre personnel je ne serai absolument pas du tout choqué. Après, à chacune et à chacun son sens des priorités. Entre aller moins vite et aller plus vite au cimetière, il faut choisir.

Si vous pensez qu’il n’y a que le problème des plaquettes de frein à régler, attendez les prochains articles sur les liquides de frein et la pollution qui est générée par les pneus.

En conclusion

Le fric, toujours le fric et encore le fric ! Que valent 7 millions de morts par an en comparaison des milliards de bénéfice qui enrichissent une toute petite partie de la population ? Apparemment, ces vies ne sont pas très importantes. Parce que dans notre société dite moderne et civilisée, tout ce qui compte c’est la bonne santé des marchés financiers. Autant dire que l’on n’est pas à la veille de sauver notre planète d’une catastrophe majeure avec un  mode de fonctionnement aussi débile. Alors plutôt que d’attendre benoitement que l’on atteigne le point de non retour, on peut au moins essayer de faire pression pour faire cesser des scandales tels que celui des plaquettes de frein.

Comme le disait l’ancien président Jacques Chirac : les emmerdes ça vole toujours en escadrille. Pour preuve, voici une fiche technique sur les ravages de l’huile moteur.

Parce qu’en plus de ça, il faut bien se dire une chose : Le jour où l’on ne pourra plus faire autrement que de se limiter à constater toute l’ampleur des dégâts causés par le consumérisme élevé au rang de religion suprême, comme par hasard il n’y aura aucun politique pour en assumer la responsabilité. C’est donc dès maintenant qu’il faut les mettre au pied du mur. Ou alors, vous avez aussi tout à fait le droit d’attendre tranquillement que l’on atteigne les 100 millions de morts pour lever le nez de votre Facebook. Après tout, respirer de l’air pollué et attraper une maladie grave… cela n’arrive qu’aux autres. Pas vrai ?

La chaine alimentaire

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